Qu’est ce que le burnout?

Le Burnout

Le burnout, ou syndrome d’épuisement professionnel, désigne une fatigue émotionnelle, mentale et physique. Il guette tous les travailleurs, du patron au salarié, et peut survenir après des mois ou des années de surmenage. Qu’est-ce que le burnout ? Quels sont les symptômes et les causes ? Comment le traiter ? Voici tout ce qu’il faut savoir sur le burnout.

Définition du burnout

C’est le docteur Harold B. Bradley qui est le premier en 1969 à décrire un stress lié au travail, et qu’il nomme « burnout ». De nombreux psychologues ce terme par la suite, dont Herbert Freudenberger qui définit le burnout comme la perte de motivation d’une personne pour son travail. D’après lui, le burnout interviendrait notamment lorsqu’un sujet s’implique beaucoup, mais qu’il n’obtient pas les résultats espérés.

Le syndrome d’épuisement professionnel souvent aussi appelé « burnout » en français, est caractérisé par un épuisement général, à la fois mental, émotionnel et psychique, qui se transforme progressivement en une fatigue physique dont le sujet ne semble pas pouvoir se remettre. Il a alors l’impression que les batteries sont complètement vides.

Si pendant longtemps, le burnout était exclusivement considéré comme une pathologie de cadres trop stressés, le burn out a aujourd’hui été décrit dans de nombreux métiers et activités.

Les metiers menacés par le burnout - Burisch
Activités professionnelles pour lesquelles le burnout a été décrit (Burisch, 2010, p21-24)

Bien qu’un projet de loi soit à l’étude, à l’heure actuelle, en France, le burnout est considéré uniquement comme un syndrome et non une maladie, c’est à dire un ensemble de signes cliniques et de symptômes dans des circonstances cliniques d’écart à la norme qui ne sont pas nécessairement signes d’une maladie. Il doit néanmoins être pris au sérieux, puisque en l’absence de traitement, le burnout peut engendrer une dépression lourde et des maladies somatiques.

Un syndrome en trois dimensions

Au début des années 80, Christina Maslach explique que ce syndrome est bien plus complexe qu’il n’y parait, et elle le décrit comme un processus tridimensionnel.

La première dimension est un épuisement émotionnel, psychique et physique. Le sujet se sent complètement vidé à cause de conditions de travail trop exigeantes et les temps de repos (week-end, congés, sommeil) ne sont pas suffisants pour soulager la fatigue et redonner à nouveau de l’énergie.

La seconde dimension est le cynisme vis-à-vis du travail. Le sujet devient alors négatif, détaché et parfois dur à l’encontre de son travail, mais également de ses collègues, ses clients, ses patients, etc. C’est une façon de mettre une barrière entre soi et les exigences émotionnelles du métier en question.

La troisième dimension se caractérise par une dégradation de l’accomplissement personnel. L’individu se dévalorise, se sent inefficace voire inutile sur son lieu de travail. Le salarié peut faire beaucoup d’effort, il n’aura jamais l’impression d’être réellement performant.

Les causes du burnout

Le profil du salarié

Même si le burnout semble surgir d’un coup, il est en réalité le résultat d’un processus lent. Un stress, une tension quotidienne, peuvent amener au burnout après plusieurs mois voire plusieurs années.

Personne n’est à l’abri de ce syndrome, aussi bien le professionnel trop sollicité, que la personne qui travaille à temps partiel et qui s’inquiète pour son futur.

Il n’y a pas vraiment de profil type, mais les sujets abordant un travail avec beaucoup d’enthousiasme et très exigeants envers eux-mêmes auront souvent plus tendance à déclencher un burnout, notamment lorsque les objectifs ne sont pas au rendez-vous.

C’est d’autant plus le cas lorsque ces personnes laissent de côté leurs loisirs, mais aussi leurs amis ou leur famille pour travailler aussi dur que possible. L’enthousiasme de départ se transforme alors en une fatigue générale aiguë.

Les pressions de l’entreprise

La peur de perdre son travail est une des causes principales du burnout. Cumulée au fait de ne pas se sentir récompensé ou complimenté à sa juste valeur, un salarié peut vite ressentir un épuisement dont il peut avoir du mal à se débarrasser.

Les exigences du métier avec une intensité trop importante et des temps de travail toujours allongés sont également un facteur important de burnout. C’est notamment le cas si les délais ou les objectifs sont mal définis ou irréalistes.

Il peut également y avoir une frustration à cause d’un manque d’autonomie, la façon de travailler est imposée et trop stricte. Le travailleur peut avoir l’impression d’être sous-utilisé au niveau de ses compétences, ce qui peut provoquer un ennui et allonger les journées qui deviennent alors désagréables.

Des contraintes émotionnelles

Parfois, les relations entre l’individu et ses fournisseurs ou ses clients peuvent être émotionnellement difficiles. Selon les métiers, cela peut se traduire de diverses façons : l’impossibilité d’obtenir de bons prix ou de bonnes informations, des clients mécontents au quotidien, des personnes en détresse qui trop régulièrement vous racontent leurs problèmes, etc.

Bien sûr, le harcèlement moral aura toujours une influence négative sur la santé mentale d’un employé. Des propos désagréables, humiliants ou insultants, ou pire des violences physiques apporteront un stress supplémentaire qui entraînera de la fatigue, et donc un burnout probable.

De mauvais rapports sociaux, que ce soit avec l’encadrement, avec les collègues de travail ou encore avec les clients ou les fournisseurs peuvent finir par stresser et fatiguer le salarié. Il faut que les objectifs et la vision des tâches à accomplir soient clairs et qu’il n’y ait pas de contradictions dans tout ce qui est demandé.

Un manque de solidarité, l’impossibilité de communiquer avec sa direction, le manque de reconnaissance, l’isolement, une mauvaise qualité de communication en interne sont autant de causes qui peuvent créer de mauvaises conditions de travail et donc du stress.

Une insécurité quotidienne, avec la peur de se blesser ou de blesser quelqu’un peut facilement générer du stress. Si parfois, ce stress est intéressant et motivant, il peut devenir à la longue perturbant et dangereux pour la santé mentale.

L’absence de régulation

Toutes les causes citées plus haut, ne sont pas un problème lorsqu’elles sont ponctuelles et lorsque les problèmes sont réglés ou aboutissent à une solution. C’est, en revanche, le fait de laisser traîner, de ne pas résoudre les différentes difficultés, qui fatiguent petit à petit l’employé.

Il est alors progressivement poussé, sans même sans rendre compte, vers un stress chronique, ou un burnout.

Les symptômes du burnout

Chaque individu est différent et le burnout peut donc se traduire de diverses manières. Cela dit, un seul symptôme ne veut pas forcément dire qu’un sujet est en burnout; c’est l’accumulation de ces symptômes qui peut traduire un épuisement professionnel.

Les symptômes physiques

C’est souvent par le physique que l’on se rend compte que quelque chose ne va pas. En cas de burnout, on note une multiplication des troubles du sommeil, une fatigue chronique se fait alors ressentir puisque le sommeil est moins réparateur.

Les sujets ressentent des tensions musculaires, et surtout des douleurs rachidiennes au dos et à la nuque. On peut également noter des prises ou des pertes de poids relativement soudaines. Des nausées, des maux de tête ou encore des vertiges peuvent aussi être observés.

Les symptômes émotionnels

La fatigue ressentie par le sujet va généralement entraîner un sentiment de perte de contrôle. Il peut ressentir des peurs nouvelles, une anxiété plus importante et des tensions nerveuses. L’individu est plus triste, il a moins d’entrain, il se montre bien plus irritable et est à fleur de peau. Il sera hypersensible ou au contraire aura beaucoup de mal à manifester ses émotions.

Les symptômes cognitifs

Le burnout a des effets sur la capacité de traitement de l’information. Le sujet se montre moins concentré, il a plus de mal à réaliser deux tâches à la fois, à prendre des décisions, à comprendre le second degré ou à relativiser. Il aura tendance à oublier des rendez-vous, à faire des fautes et des erreurs mineures qu’il ne faisait pas, ou pas aussi souvent auparavant.

Les symptômes comportementaux

Des comportements addictifs peuvent apparaître (tabac, alcool, drogue, médicaments). Le sujet peut s’isoler socialement et se replier sur soi. Il peut également avoir un comportement agressif, voire violent, exprimant une réduction de sa tolérance habituelle. Il aura moins de compassion, et se montrera même probablement antipathique envers ses collègues, se souciant beaucoup moins de leurs problèmes. L’individu en burnout ne sera clairement plus à l’écoute dans le cadre social.

Il peut aussi se désengager progressivement dans son travail. La motivation est en baisse, ainsi que le moral, le salarié se remet en cause professionnellement et se dévalorise. Il va douter de ses compétences et de sa place dans son équipe, son entreprise ou établissement.

Prévenir un burnout

S’il est possible de définir quelques causes à un burnout, chaque situation reste toujours particulière. Il est donc difficile d’identifier tous les facteurs possibles, ou encore de prévoir l’ensemble des contraintes existantes qui pourraient expliquer le syndrome d’épuisement professionnel.

Il y a toutefois plusieurs moyens, qu’ils soient collectifs ou individuels, qui permettent de prévenir et d’éviter le burnout.

Savoir « décrocher »

S’investir pleinement dans son métier est une bonne chose mais il ne faut pas que le travail devienne l’unique source de satisfaction dans une vie. C’est alors une dépendance, et comme toutes les dépendances, elle n’aura pas que des avantages.

Il faut donc être capable de savoir s’éloigner de son emploi, que ce soit pour se retrouver en famille, avec ses amis, ou pour s’adonner à quelques loisirs. Il faut aussi éviter d’être esclave de la technologie, ne pas regarder ses e-mails le week-end par exemple, ou éteindre son téléphone professionnel pour éviter les appels professionnels à partir d’une certaine heure.

Apprendre à déléguer

Vouloir tout gérer tout seul n’est généralement pas une bonne solution. Il faut être capable de déléguer une partie de son travail, en acceptant les différences de fonctionnement de vos collaborateurs. En effet, il ne faut pas que le fait de laisser quelques tâches à d’autres devienne également une source de stress.

Il faut aussi apprendre à dire « non ». Accepter toutes les tâches, au risque de ne pas être performant, ou d’avoir peur de ne pas pouvoir tout faire, et donc d’accroître le stress, n’est jamais une bonne solution.

Faire des pauses

5 minutes de repos toutes les heures sont réellement bénéfiques. Généralement, ce n’est pas du temps perdu, puisqu’une pause permet de reconstituer les réserves d’énergie. Écouter un peu de musique, faire quelques étirements ou bien méditer sont des aides bénéfiques à la relaxation.

Contrôler et modifier ses habitudes de vie

Certaines habitudes peuvent contribuer au stress. La consommation excessive d’excitants comme le café, le thé, l’alcool, le sucre ou encore les boissons gazeuses est un facteur aggravant.

L’exercice physique est aussi un excellent auxiliaire pour prévenir et réduire le stress ou l’épuisement, et il favorise également le sommeil. Il est recommandé de pratiquer 30 minutes d’exercices physiques, 4 à 5 fois par semaine. Être en bonne santé physique a toujours un effet bénéfique sur la santé mentale et psychologique.

Il faut également être à l’écoute de tous symptômes physiques et psychologiques. En détectant efficacement les problèmes liés au stress, les personnes en période fragile seront plus à même de se reprendre en main rapidement.

Parler de ses problèmes de travail

Que ce soit avec des proches, des collègues, ou encore avec des travailleurs indépendants dans le même métier, il est important de dialoguer et de communiquer ses problèmes. Ces personnes pourront apporter un soutien qui pourra servir de tampon contre le stress chronique.

Le dialogue avec les autres permet aussi de découvrir des trucs et astuces qui aideront dans le travail, et le rendront ainsi plus simple et moins stressant.

Le rôle de l’entreprise

Si la prévention de l’épuisement professionnel relève généralement des pratiques individuelles (sommeil, exercice, détente…), le contexte de l’entreprise ou de l’organisation professionnelle a bien souvent une part importante de responsabilité. L’instauration d’un dialogue avec l’encadrement et la direction est donc primordiale pour améliorer les conditions de travail des différents personnels.

Les objectifs doivent être réalistes et si possibles gratifiants. Il faut chercher constamment à organiser chaque poste de travail avec le concours des collègues et des supérieurs afin que les changements soient profitables à tous.

Les charges de travail doivent être bien réparties, les tâches prioritaires clairement fixées, il faut pouvoir facilement reconnaître le degré d’importance et la priorité d’une tâche, ainsi que le temps requis pour l’accomplir.

Les salariés doivent avoir les outils adéquats pour être le plus efficace possible. Ils doivent également bénéficier d’une certaine autonomie pour ne pas se sentir enfermé dans un cadre qui briderait leurs compétences et finirait par les frustrer.

Bien sûr, l’entreprise doit communiquer sur les symptômes du burnout, en expliquant qu’il ne dépend pas de la fragilité d’un individu ni de son investissement envers la société. Le burnout reste un sujet tabou dans de nombreuse compagnie et les salariés en épuisement professionnel ont parfois beaucoup de mal à en parler. L’entreprise doit donc faciliter le dialogue entre les différents niveaux hiérarchiques.

Traitements du burnout

Il faut d’abord prendre en compte que quels que soient les symptômes, il est impératif de consulter un médecin traitant. En effet, certaines maladies organiques sont susceptibles de provoquer exactement les mêmes symptômes que ceux d’un épuisement professionnel.

S’il s’agit bien d’un burnout, alors l’objectif du traitement, généralement psychothérapique et non médicamenteux, sera tout d’abord de retrouver la santé, puis d’imaginer une façon de travailler qui permette d’être efficace tout en se fatiguant beaucoup moins. Un arrêt de travail est généralement nécessaire ; la durée de l’arrêt sera variable selon les individus.

Un peu de repos permet de recharger les batteries, mais ce ne sera pas suffisant pour éviter les rechutes. Il faudra impérativement opérer certains changements pour éviter un nouveau burnout. Parfois, son travail ne convient tout simplement plus à un individu, et il faut alors chercher une reconversion professionnelle. Si ce n’est pas possible, ou que l’individu aime son métier, alors il faudra chercher les façons d’être moins affecté par le stress. Quoi qu’il en soit, le traitement d’un burnout passera toujours par un changement.

Le traitement par la parole

Avant d’entamer ces changements, il faut prendre conscience des raisons qui ont entraîné l’épuisement. Cela passe généralement par la consultation d’un psychologue ou d’un psychothérapeute. Il aidera le sujet à découvrir les causes principales de son stress et cherchera avec lui des solutions pour les combattre.

On trouve plusieurs types de psychothérapies, mais c’est la thérapie cognitivo-comportementale qui est la plus régulièrement employée. C’est ainsi que l’individu apprend à changer ses manières de faire, et à modifier sa relation au travail. L’approche systémique qui permet de meilleures interactions avec les proches et l’entourage de l’individu est aussi dans certains cas une très bonne solution.

Parfois, plusieurs personnes dans une même entreprise sont victimes d’un épuisement professionnel. Dans ce cas, il est nécessaire de faire appel à un psychologue du travail ou à un psychologue organisationnel, qui cherche les solutions et les changements nécessaires pour transformer l’environnement de travail et le rendre plus sain pour tous.

Pas de médicament contre le burnout

Il est bon de rappeler que l’épuisement professionnel n’est pas une dépression. Bien qu’il puisse le devenir, au départ il ne nécessitera absolument aucun traitement médicamenteux de type anxiolytique ou antidépresseur.

C’est donc en se reposant et en discutant que l’on pourra régler un problème de burnout. Certaines médecines douces peuvent également aider à retrouver plus de sérénité et de calme, et ainsi réduire le stress et ses effets négatifs.

Enfin, il faudra changer et surtout renouer avec une meilleure hygiène de vie. En mangeant plus sainement, en supprimant les dépendances, et en faisant des exercices physiques régulièrement, un individu pourra lutter efficacement contre les rechutes.

Dans certains cas, un psychiatre peut prescrire des antidépresseurs. Ce sera toujours sur une courte durée, pour aider à surmonter une épreuve particulièrement difficile.

Formations sur la prévention de l’épuisement professionnel :

Une réflexion au sujet de « Qu’est ce que le burnout? »

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